La guerre civile dans l'école, a contrario de ce que Philippe Meirieu préconisait dans son livre « L'école OU la guerre civile » ! Merci M le Maudit !

 

 

Il y a deux cultures qui se font face dans l'école. D'abord, la culture officielle, dominante parce que puissamment présente sous la même forme partout en France dans chaque école : celle de l'autorité du corps enseignant. Enfin, il y a une sous-culture : celle des élèves. Et autant dire qu'entre cette sous-culture et cette culture officielle, il y a un « choc » terrible : des générations et des générations séparent l'enfant de l'enseignant, car l'enseignant utilise des méthodes vieilles de plus d'un siècle. L'Education Nationale, conservatrice, ne s'est jamais réellement renouvelée, n'a jamais réellement innové, sauté dans l'inconnu de méthodes comme celles asiatiques, où l'on vise l'autonomie et la capacité rapides de raisonner de l'élève.

 

L'école et sa culture, n'ont plus du tout de réponses à apporter aux préoccupations des élèves actuels car elles décident tout en haut de la pyramide, sans consulter la base, ni même aider les enseignants par des suivis plus fréquents sur les méthodes utilisées par les professeurs. En résumé : le Ministère ignore ce que font en classe ses enseignants quotidiennement, et ce, depuis fort longtemps.

 

Si la compréhension était là, entre la sous-culture « élèves » et la culture « école », les élèves, tous, passeraient les portes d'entrée de leur établissement avec le sourire ! Proposer ce sourire aux élèves ? Comment faire ? Surtout lorsque l'école a cessé de leur plaire pour ce qu'elle est. Pour ce qu'elle leur enseigne. Rien n'est une partie de plaisir pour un élève moyen, rien à part des copains-copines d'école ne lui rend, éventuellement, son propre sourire tel un miroir. Hormis un personnel de la « vie scolaire » éventuellement, qui lui, traite l'humain au quotidien. Les personnels de la Vie scolaire ont d'ailleurs de belles missions éducatives, plus adaptées aux préoccupations de la sous-culture « élève ».

 

L'école est en effet avant tout un lieu de sociabilisation, un laboratoire du relationnel pour tout élève ! Cet univers singulier prépare à la vie active, au sein de laquelle le relationnel devient la clé de la réussite ! L'école doit évidemment perdurer sous cette forme ; sous cette forme de lieu de sociabilisation, telle une porte d'entrée sur le monde du travail. Dans le fond cependant, beaucoup de choses doivent changer. A commencer par étoffer les codes imposés aux élèves par la culture officielle « école », qui a vieilli seule, isolée et n'est jamais réellement renouvelée !

 

Un élève se préoccupe autant d'avoir une bonne note que d'avoir une collection de « Vues » ou de « Likes » sur ses pages personnelles des réseaux sociaux sur Internet. Quel est le point commun ? Le voici : la soif de reconnaissance, la sensation d'exister. Or, le monde des pré-adolescents et adolescents est celui d'anciens enfants nés avec un téléphone portable entre les mains. Ou presque, en exagérant beaucoup évidemment. Tout doit aller très vite. Leur accessibilité à tout ce qu'ils souhaitent devient immédiate, chez les jeunes générations actuelles !

 

Il faut comprendre que les pré-adolescents et adolescents ne savent pas dissocier facilement monde virtuel technologisé et monde réel ! Ils prennent tout pour argent comptant, parmi les éléments d'actualité/information qu'ils lisent, regardent (vidéos) ou entendent (podcasts) sur les médias Internet ! Il faut voit la facilité avec laquelle l'un de mes élèves a su trouver sur le moteur de recherche Google l'information « Napoléon empoisonné par les Anglais » en choisissant des mots-clés judicieux (tags), pour citer un exemple illustrant leur manque de discernement face à leur environnement multimédia. En effet, cet élève doué techniquement s'est montré peu critique face aux résultats proposés pour sa recherche Google : « Vous voyez Monsieur c'est écrit dans Google que Napoléon a été empoisonné par les Anglais, donc Napoléon a bien été empoisonné ! ».

 

Quelques élèves s'agglutinent autour, en entendant cet élève. Je réponds : « Dans ta page de résultats Google, ce que tu vois te paraît vrai, mais il faut maintenant que tu vérifies l'auteur ! »

 

Apprendre à vérifier une information : une chose fastidieuse pour un enseignant car les élèves prennent tout pour argent comptant sur Internet. L'Education Nationale suggère certes des « sensibilisations » aux usages de l'Internet mais c'est tout. Encore que la Réforme 2016 des collèges propose aux enseignants-documentalistes d'enseigner les « médias », et sans oublier que déjà en français, au niveau 3ème, un chapitre existe sur les médias mais il n'est pas adapté du tout aux réalités actuelles médiatiques/journalistiques (Chapitre intitulé : « L'Opinion publique et les médias »).

 

La Gendarmerie Nationale devient seule redresseur de tort de nos jours, entre parents, dans les cas de harcèlements sur Facebook ! Certains harcèlements entraînent des tentatives de suicide. Ne voyez-vous pas là un problème majeur ? Le voici : l'école ne répond pas aux préoccupations des élèves ; elle continue de s'en éloigner au contraire. Un élève sur 10 est harcelé en France, en 2016 ! Le « harcèlement », cause majeure de l'Education Nationale, du Ministère ? Dans ses suggestions programmatiques, oui. Sur le terrain, non ! Les moyens techniques et humains proposés pour ce faire, sont négligés. Les « sensibilisations » contre le harcèlement ou pour le bon usage des réseaux sociaux étaient pilotées par moi, je le rappelle. Je menais ces sensibilisations en lieu et place d'horaires disponibles aléatoires et minces : des heures de permanence/étude...

 

L'enseignant est-il la seule personne « ressource » mobilisable pour ce faire ? Ce qui est dommageable c'est que deux dossiers brûlants, le harcèlement à l'école et l'apprentissage du monde virtualisé de l'Internet, n'apparaissent dans aucun programme officiel. Ce sont des suggestions, des campagnes politiques, des effets d'annonce sans moyens techniques ou humains derrière. L'école devrait ouvrir ses programmes officiels aux besoins immédiats et urgents des élèves. A la place d'une école novatrice, à la pointe, nous trouvons un enseignant d'histoire qui doit boucler un très long programme officiel annuel, où chaque minute compte ; un enseignant en technologie qui fait apprendre à ses élèves la théorie de la mise en mouvement d'un vélo ; un enseignant en mathématiques qui doit faire apprendre à résoudre des problèmes. A l'école, les élèves ont des...PROBLEMES, et on ne les voit pas du tout comme il le faudrait. Nous sommes, pire encore, en peine de les aider, humainement et techniquement. Le pédagogiste Philippe Meirieu est partisan de laisser les élèves se confronter aux problèmes pour un jour, leur faire comprendre s'ils le peuvent la règle absolue et universelle. Le contraire serait plus profitable à nos jeunes puisqu'ils s'essoufflent dans la simple lecture d'un énoncé, eh oui ! Eh oui, ils s'essoufflent dès l'énoncé, dès la consigne puisque 20 % d'élèves entrant en Sixième sont illettrés ! Et puisque ces inégalités sont nationales et se répercutent ensuite tout au long de la scolarité, et ce, jusqu'à créer 200 000 élèves déscolarisés au sortir de la 3 ème! On a beau répéter à Monsieur Meirieu que la règle à apprendre par coeur crée les solutions, M le Maudit, depuis sa rue de Grenelle où il se cache pour ne plus enseigner depuis des lustres, continue de paralyser les transmissions et enseignements basiques qui permettaient jadis à la France d'être la première Nation culturelle du monde. Pourquoi son acharnement ?

 

Rédacteur en Chef  "Hugo"

Le 8 décembre 2016.

 

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