L'école prépare au chômage ?

Les enseignants français se classent dans les derniers rangs européens sur le plan du salaire mensuel en début et milieu de carrière ! On s'en fiche de l'argent en soit, quand on exerce un tel métier intellectuel mais quand même ! Comment voulez-vous inciter nos jeunes à devenir enseignants compte-tenu du coût de la vie actuel et de toutes les missions difficiles que l'on confie à un professeur ?

 

Il y a un abus terrible : maintenir des salaires aussi bas, pour des diplômés à bac + 5, incite plutôt à se tourner vers le privé, une fois le diplôme acquis, plutôt que de servir l'Education Nationale. Mais ce n'est pas le tout : déstructurer et et rabaisser constamment les contenus d'enseignement ne peuvent permettre, eux non plus, d'inciter les Français à servir l'Education Nationale !

 

Je rappelle que j'ai corrigé des copies d'élèves de Troisième qui, à quelques semaines du DNB national 2016, écrivent pour certains « je fesais » au lieu de je « faisais » ! Il s'agit d'une grave faute d'orthographe. Il s'agit aussi de l'usage d'un verbe « pauvre » et d'une incapacité de l'élève à enrichir son texte, ses argumentaires, ses narrations, etc. Il s'agit dune incapacité de l'élève à s'affirmer, à affirmer et démontrer sa personnalité, son originalité, son vécu ! Le constat est clair : on nivelle par le bas les élèves d'une part ; d'autre part on les formate et on les uniformise à un niveau insuffisant et inadapté au monde professionnel. L'école prépare au chômage ?

 

Maître-Reporter "Le Druide"

Le 8/12/2016.

Commentaires

Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires
Aucune entrée disponible

Nos jeunes sont complexés !

Les pré-adolescents et adolescents sont par la force des choses des êtres en mouvement permanent. Certains fuient leurs complexes en se constituant des refuges technologisés, des mondes virtuels tels que les réseaux sociaux et le jeu vidéo. D'autres, savent témoignent de leurs complexes à peu près, à des proches et personnes de confiance. Un dernier tiers de pré-adolescents et adolescents sont, par contre, déboussolés par leurs complexes.

Ces trois types d'élèves sont donc très intéressés par quelques aspects humains qu'un professeur doit associer au contenu de son enseignement et à sa gestion d'un groupe-classe :

 

  • être solide et rassurant,

  • être à l'écoute,

  • être autoritaire dans le bon sens, voire charismatique,

  • être une source de bonne humeur à distiller envers les élèves.

 

Tel aspect ne va pas sans les autres, si un enseignant veut convaincre le moindre élève de prêter une oreille attentive à sa leçon du jour. Paraître solide, rassurant, sans prêter l'oreille à ce qu'un élève a à dire...et la leçon devient bancale par exemple. Une bonne leçon est celle qui ne laisse aucun élève sur le bord de la route.

Les nouvelles générations sont confrontées à une société qui s'individualise en même temps qu'elle se communautarise. S'intégrer devient essentiel ! Rien ne passe sans intégration. Car le regard des autres met souvent un jeune en confrontation avec ses propres complexes, ce qui les renforce.

Au collège, si tu n'es pas un individu qui participe à un groupe, tu vis seul avec tes complexes. D'autant plus si Papa ou Maman ne te comprennent pas tout-à-fait, dans ta conquête légitime de ta propre liberté !

Bien des élèves passent la porte de leur collège avec assurance, voire avec le sourire pour une raison simple : « Je veux revoir les copains, copines ! ». L'école républicaine est un lieu majeur de sociabilisation. Oui. Sauf que pour appréhender au mieux les codes des relations humaines....ces jeunes ne bénéficient d'aucun accompagnement de la part des professeurs, sitôt la leçon terminée. C'est-à-dire sitôt la récréation commencée. Leur monde est dur, irrespectueux, dans les halls, les couloirs et les cours de récréation. Il suffit de les entendre se parler...

Et si, lors d'une leçon, les élèves interagissent, ils le font selon des codes très basiques (lever la main avant de parler par exemple). Ces codes basiques disparaissent comme par enchantement lorsque les élèves quittent la salle de classe. Anarchie.

 

Parmi les préoccupations des élèves, cette question des codes est fondamentale. Tous leurs comportements sont secoués, désorganisés et réorganisés par les codes imposés par l'Education Nationale depuis des lustres. L'école est le lieu majeur pour apprendre à s'exprimer (lire, écrire, compter, calculer) et surtout pour apprendre tous les codes pour bien vivre, sereinement, en société. Un professeur doit en effet les préparer au monde professionnel avec des codes de discussion, interaction, comportement basiques mais indispensables :

 

  • demander avant de prendre la parole, en levant la main

  • écouter le camarade qui parle

 

Ces codes de conduite sont indispensables. Il faut apprendre à respecter l'autre, si on veut être à son tour respecté pour ce que tu es, ce que tu dis, ce que tu penses, ce que tu fais. Mais ces codes deviennent basiques, voire désuets à côté du type de relationnel que leur imposera le monde du travail. Là où on ne lève plus tout-à-fait la main avant de s'exprimer. Pour être écouté dans le milieu professionnel il faut savoir s'exprimer et susciter l'intérêt des autres par rapport à ce que l'on exprime.

Les élèves développent ensemble leurs propres relationnels très codifiés, cependant, leurs propres codes. Sans être réellement accompagnés par des Parents qui bossent et sont fatigués le soir au sortir du travail, et des éducateurs débordés par un trop-plein d'élèves par classe.

 

Rédacteur en Chef "Hugo"

Le 8 décembre 2016.

Commentaires

Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires
Aucune entrée disponible
Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© www.nouvellecole.fr