NOS EDITORIAUX AU PROFESSORAT

Quels professeurs demain ?

Le professeur de demain est bien autre chose que le professeur-type actuel : le professeur de demain est quelqu'un qui a fait autre chose qu'enseigner après ses études et avant son concours de l'enseignement. Cette personne doit avoir une expérience préalable du monde de l'entreprise. Le professeur de demain n'est pas cette personne actuelle, qui bachote pour un concours et ingurgite des contenus d'enseignements (du théorique). Le professeur de demain doit continuer à passer par une formation qualifiante post-concours bien entendu, mais celle-ci devra imposer davantage d'heures devant les élèves. Car ce n'est pas avec six heures de présence devant élèves par semaine maximum, comme actuellement, qu'un jeune enseignant en formation peut savoir si ce métier lui plaît véritablement, si ce métier est fait pour lui : au moins 18 heures de présence devant élèves sont nécessaires si l'ont veut se rapprocher un peu du volume horaire d'un enseignant expérimenté. Il faut rappeler qu'en région parisienne, une bonne partie des lauréats du CAPES se retrouvent livrés comme tous les autres enseignants débutants, à une classe entière et abandonnent le métier au bout d'un trimestre environ, après cette toute première confrontation avec la réalité du terrain. Pourquoi ne pas les former réellement, leur apprendre le métier ou encore les confronter vraiment aux réalités du terrain avant de faire le choix de la démission de l'Education Nationale ?!?

 

Aussi, les structures de formation des enseignants doivent changer : les personnes qui forment nos enseignants en devenir, doivent cesser d'être des ex-enseignants, totalement déconnectés des réalités actuelles du terrain.

 

Bien évidemment, tous les enseignants actuels ne doivent pas se sentir concernés par les propos précédents. En effet, beaucoup en lycées professionnels, ont travaillé en dehors de l'Education Nationale avant d'y enseigner. Beaucoup, en lycées professionnels, associent une solide maîtrise de leur métier, en filière d'apprentissage, à l'enseignement très fiable qu'ils donnent. Par ailleurs, en filière générale, il faut savoir que de plus en plus de travailleurs qui n'ont rien avoir avec l'enseignement, ou qui n'ont pas même les diplômes requis, se retrouvent embauchés en urgence pour suppléer des enseignants absents ! L'Education Nationale est comme cela : elle manque de bras ; alors elle fait appel via Pôle Emploi ou via ses instances de recrutement académiques, au premier venu pour certains postes de professeur remplaçant, notamment en région parisienne, là où une bonne part des lauréats du CAPES abandonnent le métier au bout d'un trimestre environ.

 

Pour résumer la situation actuelle, bien des filières proposées par l'Education Nationale sont toutes des « fabriques de prof » ! Un professeur-type actuel n'a jamais cessé de fréquenter l'école de très près. Beaucoup ignorent complètement ce que sont les codes comportementaux en entreprise, ou pire encore, les facultés tant manuelles, techniques qu'intellectuelles pour s'insérer correctement sur le marché de l'emploi. Bien des enseignants sont totalement déconnectés des réalités du monde professionnel, et rien ne les aide pour que la tendance s'inverse.

 

Au vu des attentes actuelles des élèves, ce qu'il faudrait... ce serait d'anciens patrons ou managers d'entreprises, et autres gestionnaires des ressources humaines... Il vaut mieux de vrais discours qui interpellent, que des théories ou du pédagogisme à n'en plus finir. L'éducation n'est pas une science, elle est une épreuve de force avec l'élève, une épreuve de sincérité du discours. Vous savez très bien qu'on ne peut faire mine de, quand on est professeur, que quoi qu'il arrive, il nous faut avancer dans le programmen, dans notre volonté de transmettre. Transmettre des informations cependant, telle une coquille vide de forme, NON. Ayez la force, l'autorité, le charisme !

 

Un vrai discours persuasif vaut toutes les théories actuellement rabâchées, dans les cycles scolaires, pendant toute la scolarité d'un individu. Créez une appartenance à un groupe plus facilement, chez les élèves, afin qu'ils vivent moins anxieusement leur scolarité, et donc plus efficacement leur préparation à la vie active.

 

Trop d'élèves sont seuls dans les couloirs, les halls, les cours, et se demandent si le monde du travail sera également une torture aussi forte ! Cessons tout de suite de perdre des élèves ! Nous en perdons trop. L'écart, d'ailleurs, entre très bons élèves et élèves faibles grandit à l'échelle nationale !

 

 

En lycée professionnel...

 

En lycée professionnel, beaucoup d'enseignants ont exercé un métier extérieur à l'Education Nationale. Cela forge un caractère, une connaissance de soi et de ses limites, une posture persuasive et une culture de l'entreprise qui permet quelques conseils et recommandations aux élèves, qui, pour la plupart d'entre eux, trouvent l'école abstraite.

 

Ce type d'enseignant devient plus fiable et peut mieux comprendre les différences fondamentales entre le comportement « exigé à l'école » d'un individu et celui « imposé par le monde du travail ». Il est donc plus apte à préparer l'élève au monde professionnel.

Pour les matières techniques, évidemment, les enseignants sont des praticiens de leur métier : ces professeurs sont forcément écoutés et fiables, voilà tout ! Dommage que l'Etat n'aide pas suffisamment la filière de l'apprentissage, comme ce qui est fait en Allemagne... Dommage que 97 % des élèves sortant de filières pros se retrouvent à pointer au chômage, faute de l'Etat, faute du Ministère, qui ne font rien.

 

On forme les enseignants...

 

Les formations actuelles pour être enseignant sont à deux niveaux. Aux deux niveaux sont-elles inadaptées à ce qui attend le futur enseignant sur le terrain. L'Etat exige un Master II (bac +5). En année 4 et 5 on vous apprend les théories de l'enseignement et leur histoire (épistémologie, qu'ils disent, de manière "élitiste"). Mais en aucun cas vous ne serez mis aux prises avec les élèves. Pour découvrir si cela vous plaît d'enseigner, ou d'être face aux élèves, il vous faut attendre d'être reçu au concours national. D'où le côté aberrant de ce concours fait pour des élites qui apprennent tout par cœur avec facilité (l'histoire de leur discipline, les contenus et thèmes en lien avec les programmes officiels actuels, etc). D'ailleurs, un jeune qui se lance dans la préparation d'un CAPES ne doit pas penser, réfléchir, il doit apprendre ce qu'on lui impose, et subit donc un formatage de son esprit critique. Entrez dans le moule ou bien vous n'aurez jamais votre CAPES, en résumé !

 

Une fois reçu au concours de l'enseignement, vous êtes stagiairisé : 6 heures de présence devant les élèves par semaine, le reste de la semaine vous êtes dans un institut de formation très théorisant ou par exemple on ne vous apprend pas à gérer une situation bénigne de conflit avec un élève. C'est hyper concret (sic!), dit comme cela... Résultat : le gouffre entre les représentations de l'enseignement chez les futurs professeurs et la réalité du terrain est abyssal !

 

Un tiers des enseignants lauréats du CAPES en Île-de-France, démissionne rapidement après son entrée dans l'exercice de sa fonction (avec un véritable malaise existentiel, moral, psychique,... pour certains). La faute à qui ? A l'Etat, au Ministère de l'Education Nationale. On continue de cautionner de l'argent public, fichu en l'air dans sa formation à l'enseignement ! Sans rien changer ni réformer. Les pertes sur investissement sont colossales ! Quant aux enseignants qui soit, subissent des arrêts de travail, soit ne croient plus en leurs missions éducatives, pédagogiques, formatrices, ou ceux qui tentent une reconversion (mais laquelle ?!?)...eh bien cela fait beaucoup de personnes concernées ! Ce qui les retient ?

 

Quelles sont les solutions ?

 

Posons-nous la bonne question : pourquoi les cours à domicile ou par correspondance sont-ils en verve ? Vous le savez ? Ces appareils éducatifs satellites de l'Education Nationale servent à rattraper le retard pris par les élèves au cours de leur scolarité. Si l'Education Nationale savait comment se relancer, et comment relancer la qualité des enseignements en France, ces satellites n'existeraient pas ! Alors qu'il suffirait qu'au moins les bachoteurs des concours sachent déjà ce qui les attend dans leurs futures classes ! Alors qu'il suffirait que pendant l'année de stagiairisation, chaque lauréat du concours ait 18 heures de confrontation avec des élèves, ou au moins 12 heures, et non 6 maigres heures comme de nos jours ! Alors qu'il suffirait de proposer à des managers ou patrons d'entreprise d'enseigner des notions comportementales et de discours aux futurs professeurs en master ! Pourquoi l'Education Nationale est aussi conservatrice et aussi hermétique ou opaque quant à demander l'aide de la société ?!?  Alors qu'il suffirait, sinon, que les futurs professeurs aient l'obligation d'avoir travaillé en dehors de l'Education Nationale entre la fin de leurs études et le début de leur carrière d'enseignant !

 

Face au chômage de masse, le Ministère s'y prend très mal...

 

Il faut cesser de croire qu'un enseignant utile est un théoricien. Qu'il ait au contraire une vraie approche du milieu professionnel d'abord ! Il se rendrait plus utile face aux enjeux de l'emploi actuels (nous sommes en période de chômage de masse !). Nos jeunes doivent être créateurs de petites entreprises à l'avenir ! La création d'entreprise est le maillon manquant à la chaîne de restauration du plein emploi en France ! L'Education Nationale agit beaucoup trop seule, fermée sur les réalités du marché de l'emploi, mal coordonnée ou pas du tout avec les entrepreneurs ! Il faut également des apprentis. Les Allemands ont choisi la mise au travail de leurs jeunes, quand nous, nous ne faisons rien de coordonnés, et ce, à l'échelle nationale entière !

 

Rédacteur en Chef "Hugo"

Le 8 décembre 2016.

 

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Un certain Philippe Meirieu, le bourreau des jeunes !

Trente ans de votes enseignants ont conduit un certain Philippe Meirieu, ténardier pédagogiste de la Rue de Grenelle, à se contredire. Il écrivit « L'Ecole ou la guerre civile », il reste comme conseiller sur les méthodes d'enseignement depuis, ALORS QUE la guerre civile DANS l'école est bel et bien là !

 

Les agressions de professeurs se multiplient, faisant la une des journaux, faisant l'audimat sur les chaînes TV d'informations continues ! Un professeur n'a pas à subir. Un professeur est l'autorité incarnée ! L'ensemble des réformes, re-réformes, et contre-réformes gouvernementales conduisent, depuis trente ans, à la dilution totale de votre autorité en classe, à des convulsions lorsque vous êtes inspectés, de vos convictions de transmetteur.

 

Cantonnés au rôle de simple outil platonicien de transmission d'une information, vous ne pouvez plus informer du fait du changement dans les générations nouvelles qui souffrent de la dissolution des autorités parentales, qui souffrent de se croire être grands avant d'être LIBRES.

 

La liberté se conquiert, un enseignant doit surtout apprendre à faire réfléchir son élève par soi-même, à raisonner, comme le démontre les études internationales PISA. Osez agir dans l'ombre de vos Inspecteurs académiques.

 

Osez le VRAI dans un monde volé à nos jeunes ! Osez maintenir une transmission autoritaire, car vous savez bien des choses que ces jeunes ont besoin pour leur avenir ! N'abandonnez pas la grande cause nationale qui est d'offrir un avenir à nos jeunes, mais qui est surtout de maintenir LIBRE, EGALITAIRE, FRATERNEL notre France deux fois millénaire.

 

Chers enseignants, chers professeurs des écoles : l'apprentissage, la révision, des intensives doivent être menés avec FORCE concernant l'apprentissage, le renforcement des capacités à lire, écrire, compter, calculer.

 

Le pays demande des Maîtres compétents, vous qui persévérez dans la tâche, démontrez chaque jour vos convictions pour une France non à genoux face aux influences internationales, aux premières desquelles les influences asiatique ou anglo-saxonne.

 

Le renouveau d'une Nation passe par un soutien absolu à ses Maîtres ! Vous êtes les Maîtres du destin de nos jeunes. Refusez tout compromis avec la Rue de Grenelle qui vous assomme de réformes ramenant l'autorité vers l'enfant et non vers vous, qui vous assomme de journées de formation qui déstructurent vos méthodes pédagogiques, qui vous assomment tout court (tenez debout, la France a besoin de VOUS toutes et tous!).

 

Maître-Reporter « L'avant-Garde »

Le 7 décembre 2016

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